lundi 16 octobre 2017

Lecture : La Société des Faux Visages

J'ai eu la chance d'être sélectionnée par l'opération Masse Critique et de recevoir ce roman des éditions Alma éditeur, de l'auteur Xavier Mauméjean. Un grand merci à Babelio et aux éditions Alma éditeur pour ce moment de plaisir.
Nous sommes au début du XXe siècle. L'un des plus riches pontes de New York cherche à retrouver son fils et engage l'illusionniste Houdini, ainsi que le très controversé scientifique Freud. Un duo peu commun et pour le moins atypiques pour percer l'énigme de cette disparition.

L'auteur nous plonge dans le New York de cette époque et nous propose ainsi un bien joli tour. Nous devenons spectateurs au milieu de la foule, nous cherchons les freaks et autres dompteurs de fauves, nous nous laissons doucement bercer par ce charmant spectacle. Je connais Freud comme M. Tout le monde peut le connaître, tout comme sa théorie basée sur la sexualité. Je connais Houdini comme le magicien capable de s'extirper de la moindre cage, pieds et poings liés. J'avoue avoir bien apprécié de les côtoyer un peu mieux, même si cela reste de la fiction. Ce roman nous donne avec délice l'illusion de les approcher plus intimement, baigné dans l'atmosphère du New York d'antan, pour une histoire de chausse trappe et de mystères à élucider à coup de psychanalyse.
Cela ne prétend pas explorer la vie de l'un ou l'autre célèbre personnage, ni même son histoire, on explore un peu cette époque, par le truchement d'une petite porte entrebâillée, sans prétention aucune ni même promesse d'aucune sorte. Il n'y a pas non plus de pédagogie lourde ou de cours d'histoire déguisé. C'est écrit avec grande finesse et bien mené. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, tous ont leur intérêts et méritent autant notre attention et notre attachement.
C'est un très beau tour de magie, comme ces fameux tour de cartes qu'un prestidigitateur vient vous faire à votre table de cabaret : juste un petit moment de pur plaisir pour vous émerveiller, puis le magicien repart vers une autre table. Et bien ce roman est cela : un pur moment de plaisir pour vous divertir, sans prétention ni fausse note. Il vous tient en haleine jusqu'au bout et même au-delà car vous voilà trop vite aux dernières pages et vous allez devoir quitter ces deux personnages, et les autres aussi, qui promettaient tous tant de richesse à découvrir.
Encore un peu de magie M. Mauméjean, s'il vous plaît ! Même si finalement, il se termine comme il se doit, sans justement en faire de trop, piège trop souvent tentant pour les auteurs cultivés.
À lire absolument, excellent !

mercredi 20 septembre 2017

Lecture : Lettre d'une inconnue


Il y a quelques années, on m'avait recommandé la lecture de ce court roman.
J'en ai effectivement bien apprécié la lecture de cet auteur connu pour son autre célèbre œuvre : Le Joueur d'échecs.
Un célèbre auteur reçoit une lettre de plusieurs pages. À sa lecture, il découvre l'existence d'une personne qui lui est restée inconnue, une femme qui a voué sa vie à l'aimer.

Difficile de faire la critique d'un pareil monument. La seule alternative reste la subjectivité totale, toutes les émotions que sa lecture m'a procurées, au risque de provoquer l'indignation de certains.
J'ai bien aimé ce récit, qui m'a beaucoup touché. Au fur et à mesure de sa lecture, on attend, on espère, on prie de toutes nos forces pour que cette femme ne soit pas tombée dans l'oubli total de l'homme qu'elle aimait. Et bien, malgré notre désir de petit lecteur, et c'est aussi peut-être ce qui en fait toute la force, l'inconnue est restée inconnue, elle a porté son amour seule, isolée, sans que l'homme de tous ses désirs jamais ne la reconnaisse, lors même qu'elle a réussi à traverser sa vie à plusieurs reprises, lors même qu'elle a réussi à avoir un enfant de lui, source de joie mais également sa perte.
Au terme de ce récit, je me suis retrouvée totalement frustrée : pourquoi n'a-t-elle jamais tenté de lui dire qui elle était, pourquoi cette longue lettre dans laquelle elle lui raconte tout, dans laquelle elle lui dévoile enfin son amour mais qui ne lui parviendra que trop tard. Elle s'est condamnée à un amour absolu dans l'ombre, sans jamais tenter de le partager avec l'objet de son émoi. Certains disent que c'est beau, je trouve cela terriblement triste, de vivre un amour caché, et d'être au seuil de la mort avec cet éternel regret de ne pas avoir tenté d'être également aimé en retour et surtout, reconnue. C'est bien là tout le drame de cette histoire, l'homme qu'elle aime ne l'a jamais reconnu à chaque fois qu'il a pu la croiser. Terrible.
Un récit qui bouleverse, quelque soit son opinion et qui, par là même, transporte avec force. À lire, un incontournable.

Lecture : Face de Lune


Un recueil de nouvelles du célèbre auteur Jack London ne pouvait que présager un bon moment de lecture. Huit nouvelles sont ici rassemblées sous la plume acerbe et acide de l'homme de lettres, auteur de L'Appel de la forêt. Et comme dans la plupart des recueils, les nouvelles ne sont pas toutes égales, certaines sont vraiment des petits bijoux lorsque d'autres nous laissent un peu sur notre fin. Mais quelques unes (pas mal quand même), restent en mémoire.
Celle, par exemple, appelé Les Favoris de Midas, qui compte l'histoire d'un homme d'affaire qu'un groupuscule de travailleurs fait chanter de manière cruelle et violente.
Ou bien encore Face de Lune, celle-là même qui a donné son nom au recueil, l'histoire d'un meurtre déguisé habilement en accident.
Il y a également L'Ombre et l'Éclair, fascinante lutte de deux scientifiques qui usent de leur intelligence de surdoués pour mieux contrer l'autre par pure jalousie.

Toutes démontrent la cruauté humaine, ses tares et sa monstruosité dans une réalité toute proche de la nôtre, de l'époque de l'auteur.
Même si l'auteur nous démontre tout son talent, on remercie que ce recueil ne contienne pas plus de huit nouvelles, par égard pour notre santé mentale qui, face à toute cette violence, portrait réaliste de notre race, pourrait défaillir à trop être confronté à une telle noirceur.

Lecture : La petite romancière, la star et l'assassin


Après un roman conséquent, j'aime bien faire une pause avec un court récit. Je me suis alors plongée dans la lecture de ce roman jeunesse pas mal du tout.
Le cadavre d'un petit garçon a été retrouvé mort, flottant dans un lac. La photo d'une star est retrouvée sur lui. Par manque de piste plus tangible, les policiers enquêtent sur la star en question et sont confrontés à trois personnes en arrivant chez elle. Ces trois personnes vont être interrogées, chacune racontant un peu sa vie et ce qui l'a amené à se retrouver là.

On débute par la jeune adolescente, mal dans sa peau, un peu névrosée, suicidaire sur les bords, portrait classique et cliché d'une jeune fille de cet âge. Puis, on s'intéresse à l'homme présent sur les lieux, que tout conduit à croire qu'il est l'assassin. Mauvais garçon, il a vécu dans la rue et à nouveau son portrait par lui-même est plein de poncifs de ce type d'individu sans lieu d'attache qui semble s'être perdu. Et enfin, la star elle-même, jeune, idole de tous, dont la carrière est menée tambour battant par sa mère et qui regrette d'avoir perdu sa jeunesse et de n'avoir pas vécu sa vie selon ses choix. Encore des lieux communs. On pourrait croire que ce livre ne présente pas d'intérêts, tant il rassemble toutes les idées préconçues que l'on se fait de ces trois stéréotypes. Pourtant, l'auteur arrive dans ce court récit à nous attendrir, et à nous maintenir en haleine. Car chacun a toutes les raisons d'être le responsable de la mort du garçon. Alors, qui est le coupable ? Y a-t-il seulement un coupable ou simplement l'histoire banale de personnes ordinaires qui, le temps de quelques heures, passent au crible d'un interrogatoire et comptent leur vie sans réel intérêt ? Le tout est alors porté par une plume qui suspend à nos lèvres ces quelques heures pour en faire un moment d'importance, rendant finalement ce moment presque trop banal, magique. Car oui, l'auteur arrive à faire les deux : nous retourner notre curiosité mal placée en ne nous dévoilant rien de particulier, et maintenir jusqu'au bout notre curiosité, en nous débitant des clichés bien menés.

Dans tous les cas, quelle importance, puisqu'on a passé un bon moment auprès de ces trois personnages totalement différents les uns des autres, qui se retrouvent dans une sombre histoire malgré eux.

mercredi 2 août 2017

Lecture : Leçons de vie par Catsass


Heureuse gagnante Masse Critique de Babelio, j'ai reçu ce livre des éditions Hors Collection.
Je ne connaissais pas du tout le blog, mais explorer un livre où c'est un chat qui donne une leçon de vie, c'est irrésistible.
J'aime les chats parce qu'ils sont les animaux domestiques les moins domestiqués, parce qu'ils ne suivent aveuglément qu'eux-mêmes, parce que leur maître est un meuble de leur territoire comme un autre, et parce que son seul intérêt est qu'il lui serve à manger et lui change sa litière.
Ce livre était donc fait pour moi.
On pourrait presque comparer Catsass à Garfield, aussi horripilant, aussi détestablement attachant.
Alors que je m'attendais à une BD, je reçois un recueil de petites activités, blagues, jeux, aux dessins subtils, à la fois simples et expressifs d'un chat dont la philosophie de la vie est… totalement improbable et impayable. Pour se délasser, se changer les idées, une sorte de cahier de vacances intemporel qui permet de divertir totalement l'esprit sans prise de tête et surtout… en se bidonnant !
À découvrir pour un plaisir simple et pur !

dimanche 9 juillet 2017

Lecture : Chasse royale T1

Il s'agit du tome 2 de la trilogie Rois du Monde, de Jean-Philippe Jaworski, suite du premier tome Même pas mort. La jaquette de couverture est une reproduction du célèbre bas-relief du chaudron Gunderstrap représentant le dieu celtique Cernunnos, divinité de la virilité, de la vie, et par là-même, peut-être le présage de la mort si on le voit.
Cette reproduction prendra évidemment tout son sens au cours de la lecture, mais si l'on s'attarde davantage sur les écritures que sur le dessin, la jaquette nous annonce un premier tome de la Deuxième branche. Cette deuxième branche se divise donc en plusieurs tomes, au moins deux voire même, en toute logique, trois, et la trilogie ne se composera donc pas de trois livres, comme on pourrait le penser assez simplement, mais bien d'au moins quatre ou cinq livres. Cette particularité est bien évidemment dû à notre cher conteur, un peu bavard pour notre plus grand plaisir.

Le conteur de l'histoire est Bellovèse, comme pour le premier tome, et il semble vouloir s'attarder à une partie douloureuse de son récit : la mort de son frère, Ségovèse. Bien que son oncle soit responsable de la mort de leur père, les deux frères ont fait le choix de son parti, et Ambigat leur oncle et Haut Roi celui de les accepter auprès de lui. Les autres Héros semblent également les compter parmi les leurs au fur et à mesure de leurs aventures. Cela dit, Ambigat devient impopulaire et ne semble plus avoir le concours des Dieux. Le peuple se détourne alors de lui et les guerres éclatent.

Je ne suis pas du tout satisfaite de mon résumé, ou plutôt, ma mise-en-bouche mais c'est un exercice que je n'aime pas faire, d'autant plus lorsque le roman est une si grande épopée. Il est toujours difficile de vouloir raconter sans rien omettre, mais sans rien raconter non plus d'importants pour inciter à le lire, un roman qui s'étale sur autant de pages et de tomes. C'est un peu comme vouloir résumer Le Seigneur des Anneaux, on pourrait se limiter à : "C'est l'histoire d'un Monde où se côtoient différentes races comme les Elfes, les Hommes, les Nains, les Hobbits, les Dragons, les Orcs, les Ents, etc. et où un jour, certains se liguent pour ne pas que l'être du Mal ne détienne le Pouvoir sur tous, concentré dans un anneau."
Un peu bizarre non ? Mais je m'éloigne du sujet.
Ce roman est donc une suite, qui nous plonge à nouveau dans l'univers des Celtes, mais non pas celui que l'on apprend succinctement en classe, mais dans un monde plus réaliste, auquel on adhère bien plus facilement, aux personnages que l'on croirait (et qui le sont peut-être) historiques, nous racontant leur histoire qui, finalement, est un peu la nôtre. Quel plaisir de pouvoir ainsi lire une histoire sur des Celtes, si peu connus, avec leurs croyances, leurs rites, et leurs incroyables batailles. On s'y croirait, on est à leur côté alors qu'ils sont transpercés d'épées, alors qu'une montagne leur démolit la tête, alors qu'ils hurlent en courant vers l'ennemi qui, hier, était encore l'ami avec lequel il trinquait. Les druides, aux pouvoirs presque surnaturels, les êtres à la lisière du réel et du rêve, mythologiques, qui interfèrent sur la vie des hommes, apportent quant à eux la petite touche fantastique qui n'est qu'un léger voile dans cette histoire réaliste. Le seul bémol que l'on pourrait donner à ce récit, mais peut-être parce que je suis une lectrice, est la quasi absence des femmes qui, pour le coup, n'ont que peu d'influences sur les hommes qui tuent, conquièrent, trompent, aiment, et font vivre leur petit monde lorsque les femmes restent à la maison.
Malgré cela, les tableaux que nous offrent l'auteur sont peint avec vigueur, couleurs, on les imagine aisément, on ressent presque les odeurs, les sensations physiques, on y entend une certaine musique. Lorsqu'ils sont partis chasser le Grand Cerf, et se perdent dans la forêt, Bellovèse et ses compagnons y découvrent une vision d'horreur, et bien on a presque la chair de poule à leurs côtés… Au cours de la fête de Beltane, ils se retrouvent en dehors de la cité et constatent une trahison, et là on a le cœur qui bat, on cherche à savoir… La grande bataille qui oppose Ambigat et sa troupe à ceux qui cherchent à le détrôner est particulièrement brutale et si réaliste, on a presque nous-même des blessures… Et sa rencontre avec le dieu de la Forêt, qui doit être Cernunnos et qui montre bien comment les dieux considèrent les hommes…
Je m'arrête là, je pourrais en citer bien d'autres, tous de magnifiques tableaux, des scènes qui se gravent dans notre esprit et qu'on voudrait rejouer à loisirs.
Quant aux personnages, ils ne sont bien évidemment pas en restes, sans leur consistance ces tableaux seraient bien vides et inanimés. Ils sont tous attachants, à leur manière, énervants aussi parfois, bref, vivants. Et on aimerait aussi en savoir davantage sur les dieux qui habitent aussi ce monde. On ressent d'ailleurs presque une petite frustration car leur apparition à le goût de trop peu. Mais c'est aussi pour cela qu'on aime ce roman, pour sa retenue et son bon dosage de chaque élément.
Quant à l'écriture, elle est là pour nous enchanter, comme d'habitude, et nous empêcher de détourner le regard des pages qui s'enchaînent sans que l'on crie gare.

Aller, au tome II !


mardi 27 juin 2017

Lecture : Faire son pain au levain


Dans le cadre d'une Masse Critique, j'ai été sélectionnée et eu la chance de recevoir ce petit livre pour apprendre à faire son pain… au levain. Et attention, ce dernier élément est d'une importance capitale.
Il s'agit d'une sorte de pâte essentielle, faite d'eau et de farine, de bactéries environnantes, qui permet au pain de lever. Un peu comme la levure mais en mode traditionnel non chimique, naturelle, à l'ancienne quoi.
Le livre nous explique comment faire son levain, puis son pain, sans que cela n'exige un four à pain, une cuisine équipée en mode boulangerie, bref, le B.A.BA pour le réaliser dans sa petite cuisine de ville. Il faut pour se faire un four (normal) avec possibilité de désactiver la chaleur tournante (idéalement, dans le cas où vous auriez un four à chaleur tournante), un récipient, et de la patience.
Les explications sont claires. Il y a plusieurs parties. Une première partie traite de la levure, du levain, et de leur différence, accompagné de quelques recettes, comme par exemple le pain d'épices. Le levain est bien décrit et expliqué, avec schémas et diagramme. L'auteur n'est pas un boulanger ou spécialiste éminent qui userait de termes techniques complexes incompréhensibles. Au contraire, c'est comme si votre voisin venait vous raconter ce qu'il a appris sur cet ingrédient d'antan, et comment le faire soi-même. Il est tout à fait possible d'y arriver sans avoir fait de CAP boulangerie, juste à la lecture de ce manuel.
Puis, dans la deuxième partie nous rentrons dans le vif du sujet : comment faire son pain (avec le levain que l'on vient de réaliser). C'est pas trop mal expliqué, mais la recette du pain manque de précision. Exemple, l'auteur nous dit de prendre quelques verres d'eau, sans autre indication de mesure. On est vite perdu car dans sa petite cuisine de ville, on a bien évidemment, le verre issu du pot de moutarde (avec Spiderman, ou la Fée Clochette, selon les goûts), le verre de vin, le verre de jus de fruit, le verre qui traîne sur la paillasse dont on ignore absolument la capacité… Cela dit, le livre est très illustré et l'auteur a pris soin d'ajouter beaucoup d'images pour étayer son propos, ce qui nous sauve un peu.
En pratique, ce livre nous donne bien envie de se lancer. On arrive à faire son levain, mais pour la recette du pain, on s'égare un peu sur le net pour trouver
des recettes plus didactiques, avec des mesures plus précises et mieux guidées. Cela étant dit, ce petit manuel est tout à fait agréable à compulser et aide bien pour un début. Pour le levain, c'est un bon professeur. Pour le pain, il faut peut-être s'aider un peu à droite à gauche mais ce n'est pas ce qui manque sur le net.
Enfin, et c'est important, le livre ne s'arrête pas là et une troisième partie traite du gluten. En ces jours bénis pour les vegans, les accros au bio, ou tout simplement les pauvres personnes allergiques, ce livre nous apporte également quelques notions sur cet élément, propose de réaliser son levain sans gluten, des recettes de pain sans gluten, contentant ainsi les personnes qui, pour une raison ou une autre, souhaite éviter cet ingrédient.

Grâce à ce livre, on obtient en définitive un bon pain, gourmand et savoureux, et la cuisine de ville devient pour quelques jours notre petite boulangerie personnelle !

Aller, hop, une petite photo d'un pain fait maison :


Pas mal hein ? ^_^